IA et TPE : presque tout le monde l’essaie, presque personne n’en tire quelque chose

Ines Magne Publié le 07/10/2026 Mis à jour le 14/10/2026 4 minutes
Gagner du temps

Le 25 septembre, aux Sables-d’Olonne, j’ai parlé d’IA devant une salle de dirigeants de TPE. À la fin, j’ai entendu deux phrases, presque mot pour mot, à plusieurs reprises : « Je n’ai pas le temps » et « C’est trop compliqué pour moi ».

Ce sont les deux phrases qui bloquent tout le monde. Et elles décrivent exactement ce que montrent les chiffres de la rentrée.

Franck durant sa conférence IA

Marc, 21h40, et son devis

Imaginons un artisan, appelons-le Marc. C’est un portrait-robot, mais vous le connaissez. Il est électricien. Il est 21h40, un mardi, et il finit un devis à la main pour un client qui attend depuis lundi.

Marc a pourtant ChatGPT d’installé. Il s’en sert de temps en temps pour reformuler un mail un peu sec, et se dit qu’il « fait de l’IA ». Mais son devis, il le ressaisit ligne par ligne, comme il y a quinze ans.

Marc n’est pas en retard. Marc est dans la situation de la majorité des TPE françaises.

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Le chiffre qui dérange

Le baromètre France Num 2026, publié le 28 septembre par la Direction générale des entreprises (enquête du Crédoc auprès de plus de 9 000 entreprises), dit trois choses.

  • 40 % des TPE et PME utilisent au moins une solution d’IA. C’était 13 % en 2024 : l’usage a été multiplié par trois en deux ans.

  • 19 % seulement paient pour un outil d’IA.

  • 11 % s’en servent pour automatiser des tâches. L’usage dominant reste la génération de contenu, à 34 %.

Ma lecture : on a massivement adopté l’IA qui répond quand on lui parle, et très peu l’IA qui travaille à notre place pendant qu’on est sur un chantier ou avec un client.

L’écart est aussi sectoriel : 60 % d’adoption dans les services spécialisés, 30 % dans le bâtiment. L’État, avec son plan « Osez l’IA », vise 50 % des TPE équipées d’ici 2030. Pour un artisan ou un commerçant vendéen, il y a une vraie avance à prendre sur ses concurrents directs.

Deux IA, une seule change votre semaine

L’IA de confort, c’est celle de Marc. On pose une question, on copie la réponse. C’est utile, mais si Marc s’arrête demain, personne ne le remarque.

L’IA qui travaille, c’est une tâche répétitive qui se fait presque toute seule, avec vous qui relisez à la fin. Une note vocale de trente secondes dictée dans la camionnette qui devient un devis structuré, prêt à relire. Un formulaire de contact qui reçoit une réponse personnalisée dans la minute. Une photo de facture qui se retrouve dans un tableau sans que personne retape les montants.

Ça paraît magique. Ça ne l’est pas : c’est une question de méthode. Et la méthode, la plupart des dirigeants ne l’ont jamais vue, ce qui explique qu’ils essaient une fois, n’obtiennent rien d’utilisable, et concluent que l’IA « n’est pas pour eux ». Presque toujours, ce n’est pas eux le problème

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Avant tout outil, trois questions

Prenez dix minutes et une feuille. Pour chacune de vos tâches récurrentes, répondez à ceci.

  1. Est-ce que je la refais presque à l’identique chaque semaine ?

  2. Qu’est-ce qui entre ? Un mail, une note vocale, une photo, un formulaire.

  3. Qu’est-ce qui doit sortir ? Un document, un message, une ligne dans un tableau.

Une tâche avec une entrée claire et une sortie claire est une candidate sérieuse. « Je voudrais être plus visible » n’en est pas une : c’est un objectif, pas une tâche.

Faites l’exercice pour cinq tâches et classez-les par temps perdu. Vous verrez que la première de la liste s’impose presque toujours d’elle-même, et qu’elle n’est pas celle à laquelle vous pensiez.

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Ce que je ne vous dis pas encore

Choisir la bonne tâche, c’est la moitié du chemin. L’autre moitié est plus discrète, et c’est elle qui sépare ceux qui abandonnent de ceux qui gagnent des heures.

Il y a une façon précise de formuler sa demande à l’IA. Elle tient en quelques ingrédients, et il suffit d’en oublier un pour obtenir un résultat bancal. Il y a une phrase qui évite que l’IA invente vos quantités et vos prix. Et il y a un cadre simple pour savoir ce que l’on peut confier à un outil sans risque pour vos clients et vos données.

Tout cela s’apprend en une séance, sur vos propres cas, pas dans un article. C’est ce que je fais avec les dirigeants que j’accompagne.

Les trois freins, et ce qu’ils cachent

« Je n’ai pas le temps. » C’est justement la raison d’y aller. Quand une tâche récurrente se fait en quelques minutes au lieu d’une heure, le temps investi se rembourse en quelques semaines.

« C’est trop compliqué pour moi. » Les premières étapes demandent les mêmes gestes qu’un smartphone : dicter, photographier, copier un texte. La complexité arrive plus tard, et on n’y va jamais d’un coup.

« Et mes données ? » C’est la bonne question, pas une excuse. Elle a une réponse claire, et un dirigeant qui la connaît travaille plus sereinement qu’un autre.

Pour aller plus loin, avec moi

Chez HERA, j’ai construit un accompagnement par marches, pour que vous n’alliez jamais plus vite que votre entreprise : l’Audit IA pour repérer vos tâches à plus fort gain de temps, l’Automatisation IA pour faire tourner la première de bout en bout, l’Accompagnement IA pour étendre et devenir autonome, et la Maintenance pour que tout continue de fonctionner quand un outil change.

Je n’aime pas les grands chamboulements. Je crois à une tâche à la fois, avec quelqu’un de local qui connaît le quotidien d’un chef d’entreprise, parce que j’en suis un.

Franck, accompagnement IA chez HERA

Questions fréquentes

Combien de TPE utilisent l’IA en 2026 ?

Selon le baromètre France Num 2026, 40 % des TPE et PME françaises utilisent au moins une solution d’IA, contre 13 % en 2024.

Quelle est la première tâche à confier à l’IA ?

Celle que vous refaites chaque semaine à l’identique, avec une entrée et une sortie claires : devis, relance, compte rendu, réponse type.

Pourquoi l’IA donne-t-elle parfois des réponses approximatives ?

Le plus souvent, parce que la demande est floue. La manière de formuler sa demande change radicalement le résultat.

L’IA va-t-elle remplacer mes salariés ?

Sur ce que je mets en place, elle reprend la saisie et les relances que personne n’aime faire. Le conseil, la relation client et le terrain restent humains.

Peut-on se lancer sans compétences techniques ?

Oui. Les premières étapes demandent les mêmes gestes qu’un smartphone.